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Le joli mois de mai.
Ce matin, Damien est parti à 5 h 30 explorer une partie des rives du Lac Togo en kayak : il va y pagayer pour la troisième fois et hier, il a repéré sur Google Earth une enclave du lac qu’il n’avait pas soupçonné. Tôt le matin, il fait bon sur le Lac : depuis quelques semaines la température a baissé, l’air est calme et quelques nuages s’interposent parfois avec le soleil. Les rives côté sud-ouest sont quasi désertes et bordées de champs, de roselières, d’arbres de tous les verts possibles et de temps à autre, des installations insolites apparaissent.
Sophie a jardiné et entre autres, taillé les baobabs pour la seconde fois cette semaine.
Le jardin est superbe : nous avons eu trois pluies en trois semaines et le printemps est arrivé ici aussi.
Et c’est comme en Europe, tout le monde parle du temps et du printemps : comme il fait moins chaud, comme la pluie a fait du bien, comme le maïs frais grillé est tendre et savoureux, comme prix des tomates a baissé, comme la pêche est bonne (le fleuve Volta perd ses herbiers d’hiver qui dérivent le long de la côte et nourrissent les poissons et les crevettes).
Le Togo, ou du moins Avépozo, a fêté le 1 er mai à la manière d’ici : messe et grande chorale dans toutes les églises (ici, toutes les fêtes sont plus ou moins célébrées dans les églises - y en a un, sous la Place Rouge, qui doit vouloir se retourner) avec accompagnement musical vigoureux. Musique à fond de midi à 22 heures dans les bars et les rues, Djembés et danseurs à la plage (+ musique à fond avec enceintes saturées et crachotantes).
Et plein de monde dans les bars de la plage : les gens écoutent la musique, rigolent, boivent des canons en famille ou entre copains (surtout de la bière et des sodas appelés ici « sucreries »), se baignent, se baladent sur la plage.
Nous partons pour un mois en France pour marier Seb et Coralie et féliciter de vive voix Emma, la nouvelle Docteur en Médecine de la famille Kunakey.
Jeudi 03 Mai 20121 commentaire(s)
Ha, l'éducation......
Un soir de la semaine dernière, nous regardions les infos nationales (eh oui, nous regardons Claire C, ou Laurence F, ou même David P, les vecteurs du penser correct de notre beau pays. C’est Canal+ qui nous permet de voir les nouvelles -- moyennant grosses finances mensuelles). Donc, aux infos sur la 1, on voit un sujet sur une gamine de 6 ans (américaine et en Amérique mais bon, le truc est possible aussi en France) qui pique une méga crise de nerfs à l’école et qui commence à tout casser. Les enseignants dépassés, n’ayant pas le droit de la toucher, appellent les flics qui la menottent pour la contenir, faute de pouvoir la calmer, et l’emmènent hors de l’école où elle a quand même cassé pas mal de choses. Quel scandale !!! Cette pauvre petite de six ans qui peut même pas casser des trucs, insulter ses enseignants, taper sur ses copains plus petits et hurler tranquillement sans que des adultes s’en mêlent pour lui apprendre les limites! Bien sur, les flics, c’est un peu violent mais la crise de l’enfant roi est, elle aussi, très violente et quand le système éducatif est bridé par des lois et des parents débiles, il n’y a pas beaucoup de solutions « raisonnables » à appliquer. On peut regarder un peu ce qui se fait ailleurs, et en particulier au Togo. ( Nous ne disons pas que c’est mieux : c’est une autre solution.)
Au Togo, l’école est obligatoire du CP1 (Cours Préparatoire 1° niveau) au CM2 qui est sanctionné par un examen (CEPD) pour l’entrée en 6°. Tous les écoliers, du CP1 à la terminale sont en uniforme. L’uniforme est entièrement kaki clair pour les élèves du Public : chemise et pantalon pour les garçons et jupe ou robe sous le genou pour les filles) et les élèves doivent avoir le crâne rasé. Même les filles. Aller à l’école ne veut pas dire échapper aux travaux de la maison : se sont souvent les enfants qui assurent l’approvisionnement en eau, en bois, qui font la vaisselle et qui s’occupent des plus petits pour aider leurs parents.
Dans le Privé, les élèves sont en jupe ou pantalon kaki aussi et en chemise de la couleur de l’école et les cheveux longs sont autorisés pour les filles.
Les écoles publiques sont (presque) gratuites et comptent de 100 à 120 élèves par classe. Si les classes sont trop nombreuses (c’est-à-dire, plus de 200 élèves), elles sont divisées en 2 et les profs font double journée : le matin pour une partie de la classe et le soir pour l’autre moitié. Presque tous les élèves vont à l’école à pieds et l’école est souvent à plusieurs kilomètres de la maison. Nous ne connaissons pas les embouteillages et stationnements anarchiques des mères stressées et hyper-protectrices.
Les élèves ont une ou deux évaluations (compositions) par an, et inutile de vous dire que les profs ne se soucient guère des élèves qui ne suivent pas : si on n’a pas la moyenne, on redouble ou on est éjecté dans une filière parallèle : aide à la maison pour les filles, aide du Papa pour les garçons. Il n’y a aucun personnel d’entretient dans les écoles ; ce sont les élèves qui maintiennent les locaux et assurent la propreté (même des chiottes) à tour de rôle ou en fonction des punitions.
A l’entrée en 6°, l’école devient payante : 18 000CFA/an (25€) et l’examen (CEPD) étant sélectif, tous les enfants ne vont pas en 6°. Beaucoup d’enfants font un apprentissage (payant) de couture, mécanique, coiffure, plomberie, menuiserie ou autre. D’autres aident leurs parents aux champs ou à trier le gravier, ou à faire du gari ou des nattes, ou des briques pour les vendre. L’âge d’entrée en 6° varie de 10 à 15 et parfois même 16 ans ! On voit ainsi des jeunes passer leur Bac à 25 ans et plus... Dans le public, les classes sont toujours de 100 à 120 élèves. Pour ceux qui ont la chance d’avoir des parents ayant plus de moyens, le privé offre de meilleures prestations : entre 40 et 50 élèves par classe et un meilleur suivi des enfants. Jugez plutôt :
Chaque établissement affiche une devise que les élèvent sont fortement invités à respecter : c’est en général trois mots comme : « Travail, persévérance, succès » ou « Tolérance, discipline, travail ».
La journée commence à 7 heures moins le quart par le lever des couleurs sur le mât au milieu de la cour, tous les élèves en rangs, en uniforme et au garde-à-vous. (Dans le public, c’est pareil) Pour les retardataires, balayage de la cour de l’école. Début des cours à 7 heures. Avant le premier cours de la journée, les élèves nettoient leur salle.
Tout retard ou manquement à la discipline ou à la courtoisie entraine une sanction qui va du balayage de la cour à la corvée de chiottes en passant par le garde-à-vous au pied du drapeau pendant une ou deux heures et à l’exclusion pure et simple si le contrevenant est surpris à boire de l’alcool ou à mal se conduire sur la voie publique.
Tout manque de travail, donc, de bons résultats scolaires, est également sanctionné, soit par une exclusion temporaire du cours, soit par des coups de bâton pour rattraper la moyenne : par exemple, un élève qui à 8/20 se verra infliger 2 coups de bâton (sur les fesses pour les garçons, sur les mains pour les filles) pour arriver à 10. Si l’élève refuse d’être frappé, il est exclus du cours, mais cela n’arrive presque jamais : tous les élèves préfèrent les coups à l’exclusion qui les priverait d’enseignement. Il faut dire qu’ici, on n’affiche pas 80 à 90 % d’une classe d’âge de reçus au Bac: c’est plutôt 25 à 30 %... des élèves qui le présentent, soit une petite minorité. Dans l’école de Hana, ils sont très fiers de 60 % de reçus au Bac(à mettre en regard avec les 25 % nationaux).
Donc, l’école ça se mérite... Les collégiens et lycéens se considèrent comme privilégiés et travaillent le mieux possible. Les cris, insolences, insultes et autres incivilités sont inconnus dans les écoles togolaises. Une gamine qui casse tout ? Un gamin qui répond à un prof ? Dans un autre monde. Ici, l’école c’est du sérieux. Et si, par malheur, ça arrivait, la Maman n’oserait plus sortir dans la rue : elle aurait honte de son rejeton. Et d’ailleurs, le Papa enverrait le ou la révoltée au village, chez la grand-mère, pour étudier de près les subtilités de la culture du manioc...
Tags associés : l’education
Dimanche 29 Avril 2012Poster un commentaire
Depuis quelques temps, je parcours très régulièrement un site dédié à tous les expatriés. Ce site est une vraie mine d’idées et d’astuces pour qui veut ou doit aller s’installer « ailleurs », pour des raisons personnelles, professionnelles…mais aussi pour ceux qui désirent juste se taper un trip et découvrir d’autres horizons. Voici justement un petit descriptif de ce site, fait par son créateur lui-même (Julien) : Expat blog est une plateforme participative dédiée aux expatriés et futurs expatriés. Le site se base sur l’expérience des expatriés à travers le monde pour aider ceux qui vivent hors de leurs frontières ou qui souhaitent tenter l’aventure. Expat blog fournit gratuitement conseils et informations sur la vie à l’étranger : vie pratique, formalités, visas, éducation, coût de la vie… Les thèmes abordés couvrent l’ensemble des préoccupations des expats et de ceux qui s’apprêtent à partir. Expat blog en chiffres Plus de 410 000 membres dans le monde entier 1.8 million de visiteurs par mois 206 pays et 400 grandes villes L’emploi et le logement sur Expat blog Au départ, Expat blog était une plateforme de blogs d’expatriés. Au fil de son développement, le site a grandi et de nouvelles fonctionnalités ont fait leur apparition. Les dernières en date ? Deux nouvelles rubriques : Emploi et Immobilier au Togo. Elles aideront aussi bien les futurs expats dans leur installation que les expats déjà installés qui souhaiteraient changer de logement ou explorer de nouvelles opportunités d’emploi. Comment ça marche ? Emploi au Togo : http://www.expat-blog.com/fr/emploi/afrique/togo/ 1. Je choisis mon secteur d’activité, mon métier (plus de 100 métiers et secteurs répertoriés) 2. Je crée mon CV ou je décris le poste proposé : descriptif du poste, compétences, langues, type de contrat… Immobilier au Togo : http://www.expat-blog.com/fr/immobilier/afrique/togo/ 1. Je sélectionne le type de logement correspondant à mes critères 2. Je remplis mon annonce : descriptif du logement, superficie, nombre de pièces, charges incluses, parking… L’annonce est alors accessible à l’ensemble des membres d’expat-blog.com ! Une section « Petites annonces » est également disponible pour tous les aspects de la vie quotidienne : achat et vente, véhicules, animaux, et bien plus.
Alors, si vous voulez vous expatrier, voyager ou même rêver, allez jeter un coup d’œil et pourquoi pas….partagez, parlez en à vos amis. Tags associés : dÉcouvrir
Dimanche 15 Avril 20121 commentaire(s)
Semaine de Pâques
Comme chaque année, la semaine de Pâques est de retour avec ses multiples manifestations religieuses qui ont commencé le jeudi 5 avril au soir à 20H par 220 coups de cloche....
Donc, à nous les messes, défilés et autres chemins de croix, sans oublier les cérémonies d’ancêtres vodu, les fanfares et peut-être même les processions de supplique pour faire venir la pluie si celle-ci tarde trop.
Le tout en musique et en dansant quel que soit le culte pratiqué, le jour, la nuit, le matin, le soir et ce pendant une petite semaine.
En plus, les élèves ( on appelle comme ça tous les scolaires jusqu’au Bac ) sont en vacances et sortent le soir dans les bars de la plage qui organisent des soirées.
Bref, la fête.
Alors, juste pour faire comme tout le monde, pour ne pas dépareiller, pour s’intégrer quoi... Nous fêtâmes, fêtons et fêterons encore...
Tags associés : FestivitÉs, pÂques
Vendredi 06 Avril 2012Poster un commentaire
LOME SE TRANSFORME
A tous ceux qui sont venus à Lomé et à ceux qui y viendront, vous n’en croiriez pas vos yeux: Après trois ans de travaux, toutes les rues du centre ville sont goudronnées, avec évacuation des eaux, les grands boulevards ont étés refaits ainsi que les rues principales. Ils sont en train de paver les trottoirs. Le sable est balayé et évacué (presque partout), les caniveaux sont curés. Mieux encore: un marquage au sol ( lignes, passages piétons, bande stop...) et des panneaux stop (du moins dans le centre). En plus, des lampadaires qui fonctionnent la nuit ( à Lomé Centre ). Cerise sur le gâteau, la route qui passe devant chez nous est passée de deux voies pourries à quatre voies royales.
Donc, finis les trous ( gouffres ) pleins d’eau à la saison des pluies, finies les files interminables de voitures (sur 3 ou 4 files) derrière un camion surchargé à deux à l’heure, (quand la route n’est pas bloquée à cause du dit camion qui s’est renversé ), finie la poussière, les essieux qui cassent, les cahots et les lumbagos.
Terminé aussi le joyeux bordel des camions qui chargent et attendent sur deux files d’un kilomètre avant le port, réduisants ainsi deux voies de circulation à une pas très large: ils stationnent dorénavant sur des parkings aménagés un peu plus loin et ne viennent au port que pour charger à une heure donnée.
Exit les rues inondées quatre mois dans l’année, pleines d’immondices, les trottoirs sablonneux et casse-gueules.
Autre fait extraordinaire: les règles de circulation ont changées: ce n’est plus forcément le plus gros qui passe: tout le monde s’arrête au feu rouge (même les motos!!!), en l’absence de feux, la priorité est à peu près respectée. Plus de voitures ou camions à contre sens sur les 4 voies, sauf sur quelques dizaines de mètres et seulement pour se garer ou pour tourner à gauche. Quelques motos quand même; on est toujours très contents en rentrant à la maison la nuit quand on réussit à éviter celles qu’on croise et qui circulent sans lumière. Il faut dire que la police de la route a optimisé ses méthodes de travail: au lieu et place des barrages avec contrôle des véhicules suspects ( et attention si il manque une virgule au certificat du contrôle technique), elle est déployée à tous les carrefours et rond-points de la ville et punit les contrevenants avec livre de contravention et reçus. Du jamais vu ici!!! Mais très efficace.
Au total, ça devient (presque) un plaisir de circuler à Lomé, hormis les embouteillages des heures de pointe et bien sûr, les rues du marché, certes goudronnées mais toujours aussi encombrées d’échoppes sur les trottoirs, de livreurs à pieds, en vélo, en moto, en brouette, en charrette à bras, en taxi, en camion, de vendeuses ambulantes, marchandises sur la tête, de clients et autres flâneurs.
En plus, la 4 voies qui passe devant chez nous devrait mettre le Grand Marché à 10 minutes de la maison maxi....
Quand les travaux seront terminés au niveau du port... Juste deux ou trois kilomètres. Trois fois rien. Encore un bout de canal à terminer, deux rond-points, un peu de route, un échangeur et deux ponts. Sans compter l’éclairage (si ils en mettent). On espère qu’ils auront terminé la partie roulante avant l’arrivée des grosses pluies.
Vu l’état de la déviation, ce serait préférable...
Tags associés : avance
Jeudi 22 Mars 2012Poster un commentaire
Réponse aux commentaires sur le précédent article (journée de la femme togolaise).
Deux types de commentaires: - Commentaire de femme qui me reprenait (assez vertement) sur ma dialectique. Je cite: "on ne dit plus "la journée de la femme" (la femme n'est pas un concept), mais "la journée des femmes", ou mieux encore "la journée pour les droits des femmes" (Hollande s'est fait durement rappeler cette petite leçon de politiquement correct lors d'un meeting de féministes le 8 mars)
- Ensuite, des commentaires d’hommes perplexes, s’étonnants avec stupéfaction, sans avoir l’air d’y toucher, de ce que l’article ne mentionnait pas l’emploi du temps de Damien ( le «non-femme» de la maison ) ce soir là: ( Aucun commentaire d’aucune femme perplexe et stupéfaite à l’idée de la soirée de Damien ) «Et toi? T’as fais quoi?» (pendant que ta femme écumait les boites de Lomé), la vaisselle ou l’apéro avec des copains?
«T’es pas sorti?» (ta femme va à un «cocktail dînatoire» -grosse bouffe- dans un Grand Hôtel de Lomé -la Capitale Du TOGO- , tu vas bouffer quoi?)
MESSIEURS, RASSUREZ-VOUS
Damien est en pleine forme et pas du tout brimé.
Et pour lui, La Journée pour le Droit des Femmes c’est toute l’année à la maison: nous sommes un couple à la pointe de la modernité et nous pratiquons un partage équitable des tâches domestiques et autres: La bonne s’occupe de la maison. Le jardinier entretient le jardin. Damien joue au tennis. Sophie va à la piscine.
Et en plus, c’est 1 seule journée par an où on pense juste à Nous ( Nous les Femmes.)
Et pour finir, Sophie est rentrée à la maison vers 23H.
Donc pas de quoi fouetter un margouillat.
Vos commentaires sont appréciés également sur ce blog. Bien à vous,
Jeudi 15 Mars 20121 commentaire(s)
Journée de la femme
Le 8 mars, à Lomé comme partout dans le monde, nous avons fêté la Journée Internationale de la Femme. Pour cette occasion, le Collectif Lomé (un regroupement informel de femmes de Lomé) a organisé une soirée «filles» dans la boite de nuit d’un grand hôtel avec cocktail dînatoire et défilé de mode de volontaires pour présenter les créations d’un jeune styliste togolais. Avec 85 participantes de multiples origines (africaines, européennes, asiatiques....), cette soirée a été très sympa: la bouffe était bonne, les filles qui défilaient étaient des copines, les fringues présentées très chouettes, la musique top et la boite bien climatisée. Aucun homme n’était admis à l’exception des barmen et serveurs aux petits soins pour nous, ce qui a entrainé une ambiance de folie, avec les nanas qui se lâchaient sur la piste de danse comme jamais elles ne le font quand il y a leurs hommes (et les hommes des autres). Bref, une soirée super sympa.
Femmes qui jouent à être mannequins
Femmes qui dansent pour la journée de la Femme
Bien sûr, un peu onéreuse en regard du revenu moyen à Lomé...
13 000CFA (20€), à peu près deux mois de loyer de la chambre (20m2) avec apatam dans laquelle vit une de mes voisines avec son mari et ses deux enfants.
Vendeuse
Histoire d’une femme de Lomé.
Elle est née en 1977 et a grandi avec sa maman dans un village d’agriculteurs voisin d’une préfecture de province. Elle est en CM1 à 10 ans quand sa grande soeur ( la fille ainée de son père et de sa première femme décédée ) rend visite à son père et lui dit qu’elle est toute seule dans sa grande maison à Cotonou, qu’elle a besoin de quelqu’un pour l’aider et que si c’est bon pour tout le monde, elle prend la petite avec elle. La petite l’aidera à la maison et elle ira à l’école dans l’école dont elle est la directrice. Parce que la Grande soeur a fait des études, elle est institutrice diplômée et a fondé sa propre école avec son mari, lui aussi instituteur.
Arrivée à Cotonou, la petite découvre que la maison est effectivement très grande, avec de l’eau courante, de l’électricité, des sanitaires. La Grande soeur et son mari sont très occupés par la rentrée et la petite est mise au travail, et la Grande soeur ne l’a jamais inscrite dans son école ni dans aucune autre. Sympa la soeur!
vendeuse de bois de chauffage
Donc elle travaille comme bonniche chez sa soeur jusqu’à ce que son père décède. Elle va aux funérailles avec sa soeur et dit à sa mère qu’elle ne va pas à l’école et qu’elle ne veut pas retourner à Cotonou. Sa mère la garde au village et la renvoie à l’école: au CM1, à 15 ans.... Cela ne marche pas; trop de décalage avec les autres élèves,l’adolescence...
A 17 ans, elle part à Lomé chez une couturière en contrat d’apprentissage dont sa mère a payé les deux premières années (et oui, ici, les apprentis payent leurs formations aux patrons). Après un an environ, une nuit, la patronne plie armes et bagages et part rejoindre son mari aux USA, sans rien dire à personne et au matin, les apprenties trouvent l’atelier vide et personne pour assurer la fin de leur formation. Sympa aussi la patronne.
Femme
Donc, à 18 ans, hébergée part sa famille, elle survit de petits commerces de rue, elle fait un bébé que sa mère, qui est elle aussi venue vivre à Lomé, va élever.
Elle se marie et part vivre avec son mari (mécanicien) à Baguida. Ils sont locataires de leur chambre qui donne sur une cour dotée d’un puit, d’un endroit pour se doucher et d’un wc que se partagent les quatre familles qui vivent dans cette cour. Elle a 2 enfants en CM1 et 6°, scolarisés dans le privé. Elle a installé un petit apatam dans le von devant le mur de sa cour et y vend des objets utilitaires locaux: mortiers, pilons, balais, éponges végétales.... Mais aussi des médicaments (qui viennent du Ghana?!!) et du crédit téléphonique. Elle pense qu’elle et sa famille survivent difficilement. Heureusement, Dieu est présent dans sa vie et elle prend activement part aux activités d’une congrégation religieuse. Dieu l’aide a accepter les épreuves de la vie.
femmes à la sortie de la messe
La Grande soeur aussi pratique activement sa religion. Elle chante même dans la chorale de l’église.
VIVE LES FEMMES ET CEUX QUI LES AIMENT
Futures femmes
Samedi 10 Mars 2012Poster un commentaire
GREVE A LA PLAGE D’AVEPOZO
La filière GRAVIER en crise
Ce matin, la plage est calme: aucune femme, aucun enfant au tamisage ou au «dessablage» du gravier et aucun va et viens de garçons poussant à 4 ou 5 des charrettes lourdement chargées de gravier non trié jusqu’aux aires de triage et de vente des femmes.(entre 200 et 500m dans le sable, sans ombre...)
Et pour cause: les garçons sont en grève: ils veulent passer de 500CFA (80c€) à 800CFA (1€20) par charrette leur tarif de transport du gravier acheté par les femmes aux ramasseurs qui le déposent en tas sur la plage.
Les ramasseurs et les pousseurs sont parfois les mêmes.
Pour en rester aux pousseurs, à 5 par voyage, ils gagnent donc aujourd’hui 100CFA (15c€) par charrette et par personne et veulent passer à 160CFA (24c€).
Et les femmes ne sont pas d’accord pour payer plus, donc ils se sont mis en grève et les femmes n’ont plus de gravier à trier et à vendre aux maçons qui viennent s’approvisionner en camion au bout des vons qui donnent sur la plage.
Donc les femmes ont décidé une palabre le soir, quand le soleil est moins haut. Pour discuter de tout ça et tenter de trouver une solution: elles ne gagnent pas beaucoup non plus sur le tri et la vente du gravier propre et calibré et 300CFA de plus par charrette ça compte.
Finalement, les femmes et les garçons ont trouvé un compromis:
Et pour compenser le manque à gagner, les femmes ont augmenté leur tarif de vente:
Donc, résumons, et posons le problème:
-Le tas de gravier non trié se vent entre 2500CFA (3,8€) et 10 000CFA (15€) selon la taille. -Le transport plage-aire de calibrage coûte de 500 à 800CFA, plus la location de la charrette, plus les 1000CFA (250CFA fois 4 garçons) du repas de midi. -Le camion de gravier se vend de 17 000 à 30 000CFA. -C’est l’acheteur qui paye des volontaires (femmes et enfants) pour charger le camion à l’aide de bassines.
Sachant que mon amie Rose prépare et vend à manger (haricots, spaghettis, poisson) en plus de son activité de calibrage et vente de gravier, et fait un bénéfice de 75CFA par repas et sachant qu’elle estime gagner en moyenne 10 000CFA/mois avec la vente du gravier, combien de tonnes de gravier tamise-t-elle par mois?
Pour finir, malgré cette augmentation des tarifs, la filière gravier reste en crise: les courants marins et la ponction continue du gravier sur les plages rongent la côte et celle-ci recule d’année en année, menaçant les maisons et les routes d’engloutissement. Le gouvernement a interdit le ramassage du gravier, sans grands résultats pour le moment. Le chef coutumier d’Avépozo est venu à la plage pour disperser les tas de gravier et interdire aux gens de continuer cette activité. Le lendemain, les tas étaient reconstitués et les garçons étaient dans les vagues à ramasser le gravier.
Samedi 03 Mars 2012Poster un commentaire
Fin février 2012,
3 ans que nous sommes installés ici et, avant de partir pour notre promenade béninoise, nous en parlions tous les deux: Nous sommes plutôt en forme par rapport à nos dernières années européennes. Nous avons fait notre trou ici et notre vie nous plait. Et donc, nous nous congratulions mutuellement de notre existence et ça nous a donné l’idée de vous proposer quelques photos commentées:
AVANT, PENDANT, APRES
HUM!!! CA NE CHANGE PAS LES TORTUES
QUANT A NOUS, NOUS NE CHANGEONS PAS.................... (merci d'approuver)
Sophie entrain de faire l'imbécile sur un éléphant même pas vrai....
Damien entrain de faire le kakou devant son iPhone (même pas 4S)
Le retour miraculeux de Cahouette
La dure vie de Piggy
La dure vie de Damien faisant la vaisselle avec ses acolytes après le déjeuner au couvent Bénédictin du Plateau de Daye.
Corneille, doyen et chef de la Famille KUNAKEY
Jardin de l’Auberge «Chez Monique», à Abomey (Bénin)
Retour de l’école «en bidons» Ganvié (Bénin)
Printemps dans la brousse.
Traces
Bisca dans tous ses états
Et puis méditations sur la sagesse du routier Africain.
Tags associés : avant
Vendredi 24 Février 2012Poster un commentaire
Le 16 février 2012,
Nous venons de passer une petite semaine très sympa à nous balader au Bénin avec des copains. Au programme: Pendjari bien sur. C’est la quatrième fois qu’on y va et nous y voyons chaque fois des choses nouvelles et magiques. Cette fois-ci, ça a été un long moment, au petit matin, sans un souffle d’air pour rider l’eau de l’étang au bord duquel nous étions. Les voitures étaient sur la piste, invisibles de l’endroit où nous étions, entre nous et le troupeau de buffles que nous entendions fourrager dans les herbes sèches. C’était un moment d’un calme et d’une quiétude absolus, seulement troublé par le chant des milliers d’oiseaux, le froissement des herbes et le batifolage des hippopotames (assez bruyant le batifolage...). Merci à Karim (notre guide attitré), à Jo et Alassane, ses collègues de nous avoir offert ce moment.
Nous sommes également passés à Ganvié où nous avons revu la belle Andréa qui nous a préparé un repas de rois.
Mais notre première visite a été pour Abomey, capitale du royaume du Dahomey et haut lieu du Vaudou (ou Vodoun ou Vodu).
Là, nous avons visité un prêtre Vaudou servant de Legba qui est le Dieu secondaire (Vodu) protecteur des villages et l’esprit messager des autres Vodu. La maison de ce monsieur est protégée par 2 fétiches devant l’entrée et elle est divisée en une partie privée d’habitation et une partie «temple» comprenant une pièce de réception, offrandes et divination, une cour d’offrandes et de prière et une salle de soins.
Les offrandes peuvent être de l’alcool, ou de l’huile rouge,ou de l’eau versés sur une statue, ou sur un crâne (le féticheur a un crâne d’antilope - qui était à son père avant lui - qui baigne dans une mixture noirâtre mêlée d’huile rouge. Tremper son doigt dans le crâne, le lécher et s’enduire le nombril de ce qui reste sur le doigt, donne une protection forte). Cela peut être aussi un animal lors de cérémonies ou quand la demande qu’on fait aux esprits (vodu) est importante: maladie grave, long voyage, achat important... Les animaux sacrifiés sont ensuite cuisinés et mangés par les participants à la cérémonie. On peut aussi offrir de la nourriture préparée: riz, sauce... Dans une calebasse que l’on pose devant la statue ou le tabouret représentant l’esprit.
Afa est le dieu de la divination. C’est lui qui aide le Vodussi (initié du Vodu) à interpréter la disposition des cauris ou des noix de cola après les avoir lancés.
Les prières se font en chantant et en faisant du bruit (Maracas) pour attirer l’attention du dieu et en dansant.
Les soins comprennent l’usage de plantes, de parties d’animaux (crânes, animaux séchés, poudres d’organes divers), d’objets et de suppliques aux esprits (musique, danse et prières). Certains «médicaments» sont à ingérer, d’autres à appliquer, d’autres à conserver sur soi.
Les Vodussi sont très respectés et très consultés dans les villages. Celui que nous avons vu était un monsieur âgé (il dit avoir plus de 80 ans), petit et frêle. Mais plutôt bien conservé par ses dieux et ses esprits: il a accepté de poser pour une photo avec deux de nos copines et il leur a passé une main palpeuse et insistante sur les fesses à toutes les deux!
LE VODU POUR LES NULS
MAWU (prononcer «maao»): Dieu suprême. Principe féminin, représente l’orient et la lune
LISSA: Même Dieu que Mawu. Principe masculin, représente l’occident et le soleil
+ Une quarantaine de Dieux secondaires (vodu) qui interviennent sur la nature et les hommes:
Tous les Vodu sont indépendants les uns des autres et on ne peut être initié que dans un seul Vodu. +
Plein de dieux locaux ou familiaux qui intercèdent pour les hommes.
-Arbres, lieux, pierres, animaux -Ancêtres célèbres et méritants.
Objets de culte: -Tabourets d’ancêtres (familiaux, claniques, tribaux, royaux) -tambours sacrés -pots, calebasses -autels
Jeudi 16 Février 20121 commentaire(s)
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