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17 Mai 2012, St Pascal
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LA PART DU CHEF

 

6 novembre 2011,

 

Déjà début novembre et la température commence à monter à Lomé: 30° environ dans la journée avec un taux d’hygrométrie entre 75 et 90%. Aussi pour trouver un peu de fraicheur dans ce monde de brutes moites, nos avons passé le week-end de la Toussaint à Kpalimé avec des copains. 

Au programme, marche dans la forêt au milieu des papillons, baignade dans les cascades,   récolte de plantes (orchidées sauvages et indigotier) pour mettre dans le jardin et, surtout, petites et grandes bouffes sympas dans les restau et autres maquis du coin.....

Dont « La part du chef » maquis situé à Agou Gare (même si il n’y a plus de gare depuis longtemps), à une dizaine de kilomètres de Kpalimé, au pied du Mont Agou, point culminant du Togo.

 

Nous quittons donc le goudron à Agou et suivons une piste à travers le village, puis une deuxième assez étroite et défoncée qui s’enfonce dans la forêt sur quelques centaines de mètres, nous faisant douter de notre itinéraire. Au détour d’un virage, nous arrivons à une maison particulière typique du Togo (mur d’enceinte avec portail en fer délimitant une cour et bâtiments bas). Quatre ou cinq 4/4 assez récents sont garés en désordre à l’ombre des arbres devant le portail et des convives sont attablés un peu partout, sous les terrasses et sous les manguiers autour de la maison. Dans ce coin perdu c’est étonnant de voir tant de clients surtout que tous sont togolais.

 

Le patron nous accueille et nous fait visiter son domaine en commençant par les cuisines pour nous faire choisir notre déjeuner. Ici, on ne sert que de la viande braisée et on choisit en faisant le tour des foyers (barbecues) sur lesquels les femmes de la famille tournent et retournent des morceaux d’animaux divers: poulets, pintades, porc mais aussi buffle et antilope et, pour les plus courageux, agouti et même varan! 

Si on veut du canard, pas de problème mais c’est un peu plus long: il suffit d’aller au fond de la cour dans leur enclos, de choisir le canard et le jeune va le tuer, le plumer, le vider et l’apporter aux femmes qui vont nous le cuisiner.... 

Nous, pas envie de canard. Plutôt porc, poulet et un peu, un peu d’agouti, juste pour goûter, mais seulement un peu.

 

Puis, Mr Laté nous fait visiter ses gardes-manger disposés autour de la cour au milieu de laquelle on nous apporte une table et des chaises: enclos à pintades, à canards et à cochons noirs et roses, poulets et coqs courants un peu partout. A l’atelier de conditionnement des matières premières (au fond de la cour, face à la forêt), un jeune homme plume et vide des poulets et arrose à intervalles réguliers un varan en cours d’affinage.

 

A l’apéro, notre hôte rejoint notre table avec un gros dossier hétéroclite: papiers, cadres, photos, feuilles de cahier...

Il nous explique qu’il est Directeur d’école à la retraite et que, dans le cadre d’un jumelage avec une école française, il a passé quelques semaines en France et en Suisse et qu’il a rencontré Christine Boutin et Jacques Foccart et il nous montre son dossier. Il a même un certificat de marche sur la neige!

 

Nous déjeunons comme des nababs de brochettes de porc, de poulet braisé avec djemcoumé et tomates et oignons doux en salade, plus sauce piment.

 

Et l’agouti?

Ha! L’agouti, c’est le plat de roi: celui qui se déguste en dernier.

Bien sur, il y a eu un moment de flottement autour de la table quand le plat contenant un demi agouti est arrivé: on avait déjà bien mangé et, si la cuisse était présentée en brochettes et si ils avaient enlevé la queue, il y avait la patte avant entière avec ses petites griffes recroquevillées, genre «patte de rat».

Au niveau goût, franchement, la table a été unanime pour dire qu’à Kho Lhanta, se serait un plat de rêve mais bon, après tout on était au Togo, dans un maquis super sympa, qu’on n’avait plus faim, mais bon, que c’était quand même une expérience.....intéressante.

 

Puis, le patron est venu nous offrir le digeo: Sodabi (alcool de palme artisanal) «arrangé» avec de l’anis, du gingembre, du girofle et d’autres trucs. 

Chaud, très chaud.

Du coup, on lui en a acheté une bouteille, d'autant qu’il nous a juré que c’était bon contre la frigidité et l’éjaculation précoce. Non qu’on en ai besoin d’ailleurs mais si ça intéresse quelqu’un, passez votre commande.

 

Donc, samedi dernier, nous avons passé 2 heures à très bien manger et boire de la bière bien fraiche sous les manguiers de la cour et à rigoler avec Mr Laté, propriétaire des lieux et grand plaisantin devant l’Eternel. Il faisait beau et la température était de 28° avec une petite brise sympa.

Nous n’avons pas vu le chien lunatique signalé par le portail mais nous avons goûté le Sodabi de son maître. Un bon compromis.

 

Le meilleur maquis qu’on connaisse et le plus sympa.

 

 

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Tags associés : part, chef

J'kaz !
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Le Dimanche 06 Novembre 2011
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