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nouvellesDéjà avril. Nous sommes en pleine période d’Harmattan (le vent du désert, chaud, sec qui charrie le sable). Les journées sont chaudes (34°) et les nuits à peine moins (30°). Le ciel est jaune-blanc, le soleil est voilé et la poussière est omniprésente. Seuls recours pour lutter contre la chaleur: piscine et douches... Mais la piscine doit être à 29° et l’eau froide de la douche est chaude... Tant pis, on supporte. Petite compensation: c’est la pleine saison des langoustes et des gambas. Les togolais préparent Pâques: construction du clocher de l’église, répétitions de la chorale, fêtes des fétiches, confection des habits de fête, djembés, crécelles,...
Nous avons fait deux balades dans le nord du pays et au Bénin pour visiter le pays desTambermas, le parc de la Pendjari et Ganvié, village sur pilotis au sud du Bénin.
Les Tambermas (qui font partie de l'ethnie Somba) sont un peuple de chasseurs, cueilleurs, agriculteurs qui vivent dans la région Koutammakou à cheval sur la frontière entre le nord du Togo et le Bénin, classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Ils vivent dans des habitations traditionnelles en banco (argile malaxée, séchée et imperméabilisée avec la sève du néré) appelées Tatas qui ressemblent à des châteaux forts en miniature et sont protégées par des fétiches érigés devant l’entrée. A l’origine, ces habitations permettaient de se défendre contre les agresseurs en tirant des flèches par des meurtrières. C’est un peuple qui garde encore beaucoup de ses traditions religieuses, coutumières et initiatiques et qui vit pratiquement en autarcie, sans eau courante ni électricité. Maintenant, des écoles ont été construites et les enfants y sont pratiquement tous scolarisés au moins jusqu’au collège mais un grand nombre d’adultes ne parle pas le français. La région est magnifique: savane sèche où poussent baobabs, nérés et karités, champs de mil, de sorgo et de coton, collines escarpées et rocheuses, le tout parsemé par les tatas.
Le parc de la Pendjari est situé au nord-est du Bénin et porte le nom de la rivière qui sert de frontière avec le Burkina Faso. Outre la rivière Pendjari, il dispose de plusieurs mares en eau toute l’année où viennent s’abreuver les animaux. Savanes herbeuses, arbustives et arborées, forêts galeries et collines arborées, le paysage est magnifique. Nous y avons observé une multitude d’antilopes: kobs de Buffon, Antilopes-cheval, waterbucks, bubales, guibs harnachés, kobs Defassa... mais aussi des singes (babouins, patas..), des éléphants (éléphants de forêt, plus petits que leurs cousins des savanes mais quand même très impressionnants), des phacochères, des buffles, des hippopotames, des crocodiles, des varans, des serpents (en fait, un serpent genre python),des lions (dans cette région, les mâles n’ont pas de crinières). Sans oublier les oiseaux innombrables: vautours, marabouts, cigognes, grues, pintades sauvages en troupeaux entiers, perdrix, martins-pêcheurs, grands et petits calaos, outardes,ibis,hérons, ombrettes...
Nous avons passé la nuit à l’hôtel de la Pendjari, situé au nord du parc, près de la rivière et nous nous sommes endormis en écoutant les lions et les hyènes. Groupe électrogène coupé à 22H, pas un bruit d’activité humaine, impression d’immensité sauvage...Dépaysement assuré.
Enfin, visite et nuit à Ganvié, ville sur pilotis située sur le lac Nokoué, près de Cotonou. Cette ville a été fondée au XVIIIe siècle par des populations fuyant les razzias esclavagistes. Les hommes y pratiquent la pêche à l’épervier et l’élevage de poissons dans des parcs où ils mettent des branchages et des palmes qui, en se décomposant, servent de nourriture aux poissons. Le lac ayant une embouchure sur l’océan, l’eau y est plus ou moins saumâtre selon la saison et on y trouve des poissons d’eau douce comme les carpes ou les capitaines mais aussi des soles, des crabes et des crevettes. Les femmes assurent la vente du poisson sur la rive du lac. Tout le monde se déplace en pirogue y compris les enfants qui manient la pagaie ou la perche tout petits. Seul bémol de cet endroit: les moustiques qui attaquent en escadrilles serrées dès que la nuit tombe. Mais bon, l’hôtel sur pilotis est sympa et rigolo malgré un confort assez sommaire et ça vaut le coup.
Notre circuit s’achève par un passage à Ouidha, sur le littoral Béninois, non loin de la frontière avec le Togo. Cette petite ville chargée d’histoire a été la plaque tournante de l’esclavage. En effet , c’est de cette côte que les esclaves étaient emmenés à jamais à l’autre bout du monde. Une porte a été érigée sur la plage: «La porte du non-retour»
Le Vendredi 02 Avril 2010
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